SOUS
LA MOQUETTE
Elle
trottinait à une allure bien rapide. Elle était si fière d'être parvenue à
détourner l'attention de ses parents et de son grand frère ! Elle aurait aimé
que ce moment soit éternel. Elle, jeune natte de trois semaines,
se promenait seule sous la toiture où sa communauté avait élu domicile, Elle
continua sa balade
nocturne. Elle devait faire attention à chacune de ses petites pattes qu'elle
posait sur les poutres de peur qu'un grincement ne dévoile sa présence
clandestine. Soudain
la jeune natte sentit une odeur alléchante Cette émanation lui rappelait celle
du bon lait qu'elle buvait encore quelques jours auparavant. Chemin faisant, la
jeune rafle découvrit ce qui dégageait cette si bonne odeur : une assiette en
porcelaine finement ouvragée était remplie de graines d'un rouge sang. Pensant
que celles-ci auraient le même goût que le breuvage qu'elle buvait au sein de
sa mère, Pigri, la petite natte s'empara d'une des graines et l'engloutit.
Cependant
le goût n'était pas le même. Ce goût-là était acide. Pigrr
sentit une profonde douleur du bout de ses petites moustaches au bout de sa
queue Mais la souffrance
ne fut pas longue : quelques instants plus tard, Pigri était allongée sur le
dos, inerte. Deux
semaines auparavant, M. Waterproof était rentré d'un long et paisible voyage
dans les îles. A peine avait-il
pénétré dans son appartement que quelqu'un sonna â la porte. C'était le
directeur du restaurant d'en dessous. En effet, M. Waterproof avait acheté un
appartement situé au dessus d'une pizzeria.
«
Bonjourrr, cherrr voisin ! Entendue vous le soirrrée des brrruits ? demanda
l'homme.
-
Et bien... vous savez monsieur... je suis désolé mais... je reviens d'un voyage
assez long, j'ai supporté plus de sept heures de vol et là maintenant, je voudrais
me reposer ! Et on ne peut pas dire que votre voix rauque soit des plus
apaisantes 1 Repassez plus tard, dans deux ou trois jours par exemple l
rétorqua agressivement M. Waterproof » Et
il claqua immédiatement la porte, mais son interlocuteur imposa son pied et
commença à hurler «
Des brrruits ! Comme si, dans le plafond, dans la mura et dans la sol, des gens
qui se déplaçant... - Écoutez monsieur, coupa M. Waterproof, les fous c'est pas
devant chez moi ! » Cette
fois-ci, le directeur du restaurant n'eut pas le temps d'empêcher M. Waterproof
de fermer la porte. « Oui monsieur, des brrruits ! Sûrrrrement des rrrats ou
des sourrris, il faut les détrrrruirrre 1 cria de plus belle
le directeur les ANEANTIRRR ou ils mangeront tout dans mon restaurant 1
» Il
tambourinait de plus en plus fort â !a porte. Mais M. Waterproof, {ui, se
contentait de répéter : « Sordino Prego, Sourdine s'il vous plaît ».
Au
bout de dix minutes, l'homme se résigna enfin à cesser son tumulte.
Cependant,
M. James Waterproof n'était pas resté insensible à tout ce vacarme. Et si
c'était vrai, si il y avait vraiment des rats ou des souris dans son
appartement ? Ce n'était pas impossible, il s'était absenté si longtemps !
Des
rats y en avait bien, Une semaine plus tôt, une communauté d'une bonne
trentaine de rats,âvait repéré l'appartement, qui avait l'air dépourvu de
présence humaine. l=esra#s s'étaient empressés d'emménager, mais pas n'importe
où. Ils prévoyaient que l'homme qui habitait dans !'appartement reviendrait
bientôt. C'est pourquoi-ils s'installèrent dans les sois pour certains, dans
les plafonds pour d'autres, de façon à ne pas être repérés.
Le
lendemain, M. Waterproof se réveilla à une heure tardive. Il se leva
immédiatement, mit ses lunettes au bout de son nez aquilin et s'habille. II
s'avança vers le miroir de !a salle d'eau. Il passa quelques minutes à
appliquer une crème sur son crâne dégarni et réajusta son nœud papillon.
Ensuite, il se rendit en ville où il acheta un chat et trois kilos de la
mort-aux-rats la moins chère. Puis il s'en revint chez lui, au 4, Living
Moving. Il déposa, un peu partout dans l'appartement, dans des bols en
porcelaine ayant appartenu à sa défunte mère, de la mort-aux-rats.
Mais
les rats n'étaient pas dupes : Werglerbi, un des rats chargé des tours de
rondes, remarqua tout de suite le leurre. 11 alla avertir toutes les familles
de la communauté en leur recommandant de ne pas laisser sortie !es enfants
seuls. La dernière famille qu'il mis au courant était la famille Rikiki.
Werglerbi frappa à la porte de la maisonnette qui était située dans le plafond,
au-dessus de la chambre de M. Waterproof. Au bout de quelques secondes
d'attente, Gueni, la maîtresse de maison, ouvrit : « Entre Werglerbi ! »
s'exclama-t-elle.
Ils
s'installèrent dans le salon, dans un canapé en peau de scarabée d'Egypte.
Gueni proposa à son invité une tasse de jus de chaussette qu'il ne refusa pas.
Lorsque Gueni fut revenue avec le jus encore
Werglerbi commença :
• L'humain en a mis PARTOUT!
-
Mais de quoi me parles-tu ? questionna Gueni en ouvrant grand ses yeux
noisettes qu'elle avait fort jolis - De la mort-aux-rats, pardi ! Il ne faut
pas laisser sortir les enfants seuls ! Il y a un produit indé#ectab4e par les
ratmins dans ce truc!!! Je passe un peu du rat au chat mais, si je me rappelle
bien, un de tes bambins va être majeur ?
-
Oui, c'est Rabougri ! Demain, il aura un mois... »
Quelqu'un
ouvrit la porte du salon à la volée.
• Maman, Maman, Maman ! C'est quoi la
mort-aux-rats ? Allez s'il te plaît môman, dis-rnoi, dis-moi, dismai !
s'exclama Pigri.
-
Pigri ! depuis quand écoutes-tu aux portes ? Ce n'est pas poli ! rétorqua
Gueni, en plus, tu n'as meme pas dit bonjour à Werglerbi...
-
D'ailleurs, il faut qu' j' parte. Il se fait tard ! Bonne soirée ! »
Werglerbi
se leva et disparut de suite.
• Puisque tu veux pas m' dire, tant pis
m' man, j' me débrouillerai toute seule ! répliqua Pigri en tirant sa petite
langue rose à sa mère.
-
Très bien, mais maintenant, au dodo ma fille! » Erreur
fatale ! Si elle avait au moins expliqué le danger que représentait la
mort-aux-rats à sa fille, celleci
n'aurait pas tenter, la nuit suivante, son escapade sans retour...«
Pigri, debout ! ça fait plus d'une heure qu'on t'appelle, cria Wilburi. Chérie
! Va réveiller Pigri ! - Vas-y toi même rétorqua Gueni.
-
Ce...
-
Laissez j'y vais, coupa Rabougri qui venait de finir son ragoût. »
Il
monta les cinq petites marches qui menaient à un couloir étroit. !1 frappa à!a
Première porte à gauche, Mais personne ne répondit. !I entra dans la petite
chambre. A sa gauche, le minuscule lit de sa petite sœur était vide. Il courut
àtoute allure vers la cuisine.
• Maman... Papa.. !... Pigri... elle
n'est pas dans sa chambre... , suffoqua-t-il.
-'C'est
impossible ! .... Bon... Gueni, reste-ici. Rabougri et moi, on va la chercher.
-
[)'accord, répondit Gueni, soyez prudent 1
-
Papa, j' vais du côté de la toiture. »
Rabougri
courut comme il ne l'avait jamais fait. Il n'eut pas longtemps à chercher :!e
petit corps de sa cadette était là, par terre, sans vie. Une immense tristesse
envahit Rabougri. Il hurla, s'effondra au sol. On lui avait pris SA sœur. Déjà,
Rabougri n'avait qu'un mot en tê#e : VENGEANCE.
L'enterrement
de Pigri eut lieu deux jours plus tard. Même Ratenstein était venu. Ratenstein
était le rat le plus étrange de la communauté. On l'avait isolé du reste du
groupe car il avait une passion inexpliquée pour les chats. A
la fin de la cérémonie, Ratenstein tendit un de ses longs doigts boudinés en
direction de Rabougri. Visiblement,
il voulait que le jeune rat noir le suive, ce que fit Rabougri, intrigué.
Ratenstein l'emmena dans un placard d'aspect vermoulu. entrèrent. Le logis
n'avait pas du être nettoyé depuis plusieurs semaines.
«
Installez-vous, siffla Ratenstein de sa voix éraillée. » Rabougri
fut à peine installé que le vieux rat lui proposa «
Jus de chaussette ou ratfé ?-
Je voudrais bien un. jus de chaussette, répondit Rabougri. » Le
maître de maison alla chercher dans sa kitchenette une bouteille couverte de
ppussiére. Rabougri regrettait déjà son choix.
Pourquoi m'avez-vous fait venir ici ? questionne Rabougri.
Je vois que la mort de votre sœur vous attriste.
-
Cet nor...Je vois aussi que tu aimerais te venger! s'exçlama de plus belle Ratenstein.
Mais.., s'empressa Rabougri, étonné que son interlocuteur se mette à le
tutoyer, où voulez vous en venir ? Je veux t'aider ! C'est pour cela que je Yai fait venir ici
Et pourquoi voulez-vous m'aider ? Et bien... comment dire ...l! y a une ou deux semaines, ta soeur est venue chez
moi...
elle voulaitvoir
à quoi ressemblait un chat.. .E1le aurait voulu tout savoir de ces magnifiques
félins. ,. Et moi, j'étais fier ! Fier de ne pas être le seul rat de cette
communauté a aimer les matous. J'avais enfin quelqu'un à qui transmettre mes
connaissances sur ces fantastiques créatures... Et puis, il a fallu qu'elle
mange cette saleté de mort-aux-rats !!! Je ne savais pas que vous connaissiez Pigri...
Mais bon ! répondit Ratenstein, qui n'avait pas l'air d'avoir entendu ce que
Rabougri lui avait dit, revenons à nos chatons ... pardon, nos ratons. Donc
j'ai une idée pour que l'on puisse se venger. Mais pour la mettre en oeuvre, il
faut que tu réussisses à convaincre une quinzaine de rats. - Les convaincre ? De
quoi ? De venir ici ! lis ne m'écouteraient pas... Je suis un cinglé pour eux !
Merci
de vouloir m'aider, mais quelle est votre idée ?
Je te la dirais lorsque tu seras revenu avec les autres ! nargua Ratenstein »
Rabougri
prit congé et commença d'abord en allant voir la famille Ruikruik. lis
acceptèrent de l'aider, mais il n'était pas question qu'ils restent seul avec
le vieux croûton qu'est Ratenstein. Rabougri continua en se
rendant chez les familles Pouik, Rank, Touptit et Toutejolie. Tous furent d'accord,
excepté Rostof Rank qui avait peur de se salir le derrière en s'asseyant dans
un fauteuil crasseux. Rabougri allait finir sa quête : il ne lui restait plus
qu'une famille à convaincre, la famille Hamstri, celle de son meilleur ami
Kéto. Les Hamstri refusèrent : la dernière fois que l'un d'eux avait eu affaire
àRatenstein, le vieux rat avait tenté une expérience sur ce dernier. Cette
expérience consistait à tester l'effet des flageolets, haricots dont les
humains raffolent, sur les rats. Le cobaye avait explosé suite à une trop forte
accumulation de gaz. Cependant, Kéto, lui, se joignit aux rats qui avaient déjà
accepté. La troupe suivit Rabougri jusqu'au placard de Ratenstein. Tout le
monde pénétra dans la maisonnette. Ratenstein avait préparé un bon nombre de
chaises qu'il avait disposées en cerçle. Les rats s'installèrent et Ratenstein
commença : « Bonjour à tous ! Ce très cher Rabougri vous a convié en ces lieux
car il veut se venger de la mort de sa sœur et de celle de tous les rats qui
ont pu mourir de la même façon que Pigri. En effet, cela va en étonner plus
d'un, mais je connaissais très bien Pigri et tenais beaucoup à elle. C'est en
ami que j'ai proposé mon aide à Rabougri. Je suis beaucoup trop vieux pour
lutter et seul, Rabougri n'arrivera jamais à mettre
à exécution le plan que j'ai concocté.
-
Abrège vieux croûton 1 cria Pick Touptit. Très bien... Mon plan a pour prinçipal objectif de bouter ce sale humain hors
de l'appartement! » Tout le monde resta bouch- bée «
Et bien ce sera sans moi clama Pick » !I
sortit de !a maisonnette en claquant la porte. «
Pick n'a pas ton, rétorqua Rabougri ! C'est de la folie de vouloir attaquer un
humain ! !!
n'a pas attendu de savoir comment on allait s'y prendre... Laissez-moi vous
expliguez : tout d'abord, je pense
que cet humain est très peureux. Je l'ai un peu observé. Tous les soirs, avant
d'aller se coucher, il vérifie trois fois si sa porte d'entrée est bien fermée,
il dort avec une petite lumière et une peluche... Mon stratagème consisterait
è!ui faire croire que l'appartement est hanté, Tout d'abord, lorsqu'il sera à
son travail,
un groupe ira disposer des graines de façon à former des signes qui pourraient
venir d'une autre planète. Ensuite, dès qu'il reviendra d'une dure journée de
travail, et qu'il prendra son cafédans le salon, un autre groupe fera divers
bruits qui dureront toute la nuit. Ce serait tout pour le moment.Alors,
maintenant, ceux qui sont d'accord pour commencer dès demain restent, Les
autres, je crois qu'ils n'ont plus rien à faire chez moi » A
la grande surprise de Rabougri, personne ne sortit. «
Mr Ratenstein, questionne Minimi Toutejolie, l'humain aurait peut-être encore
plus de frayeur si nous agissions, par exemple, une fois toutes les deux
semaines ?
-
Excellente idée 1 s'exclama Ratenstein en applaudissant, rendez-vous demain à
sept heures ! Nous passerons à l'action ! M.
Waterproof ferma la parte de son bureau, descendit les escaliers en pierre et
arriva dans la rue. !H prit la direction du bâtiment où il habitait. Durant tout
son tralet, il repensa à tout l'argent qu'il avait dépensé en achetant ces
kilos de mort-aux-rats et ce stupide chat. 1l n'avait entendu aucun bruit ! Ce
sale directeur l'avait berné... !l n'y avait pas le moindre rat chez lui !
Il
était déjà arrivé devant son immeuble. Il entra dans son appartement, se
dirigea vers la cuisine et là, il trouve, disposées par terre, des graines de
riz, Leur arrangement ressemblait à une espèce d'animal à cornes.
James les ramassa et les remit dans !e b4çal à riz. Il pesta contre le chat ;
James était presque sûr que c'était lui qui avait renversé les graines. Mais la
disposition en animal à cornes lui laissait croire que quelqu'un avait jeté les
graines ici et leurs avait donné cette étrange forme. Vers
neuf heures, il prenait son habitual café quand tout-à-coup, une symphonie de
bruits plus étranges les uns que les autres commença. Ces bruits étaient
répétitifs. Néanmoins, M. Waterproof alla se coucher. Le bruits durèrent toute
la nuit et James en conclu qu'ils avaient été produits soit par une fête de
jeunes du quartier, soit ces bruits étaient le fruit du travail de la
tuyauterie. James n'avait pas fermé l'oeiL Le lendemain, il était si fatigué
qu'il maudit les jeunes, les tuyaux, la personne ou {a chose qui aurait pu produire
un tel brouhaha. Les jours suivants, l'appartement retrouvait son calme mais...
Deux semaines passèrent et cela recommença.James
retrouva les graines, ne put dormir de la nuit... Deux semaines passaient
encore : il se produisait toujours exactement les mêmes choses. C'en était trop
pour James et de toute façon, il en était maintenant sûr : un démon avait élu
domicile dans son appartement. C'est pourquoi il appela un exorciste.
«
Notre plan marche à merveille ! s'émerveilla Ratenstein...
Oui, et j'espère qu'il marchera longtemps ! s'exclama à son tour Rabougri.
Il faudra quand même songer à... » Wilburi
fut coupé par une immense créature qui venait de rentrer dans !a pièce. C'était
le chat de M. Waterproof. «
Aidez-moi ! Mais enfin, vous ne voyez pas qu'il est en train de détruire ma
maison ?!! » C'était
Ratenstein qui s'adressait à tous les rats qui s'étaient cachés sous les
meubles et sous les tapis. Son filet à chat dans la main, il essayait en vain
d'attraper le gros félin. !l est vrai que, Ratenstein, pour son âge, était très
agile: il évitait les coups de pattes et de griffes comme une petite fille
sauterait à la corde. Visiblement, il était habitué. Mais là, il était en
difficulté et c'est pour cela que Wilburi sortit de sa cachette pour aider le
vieux rat. Cependant, Wilburi n'était pas aussi doué au saut et à l'esquive que
Ratenstein : le chat l'attrapa et le dévora sur place. Spectacle horrible pour
Rabougri, qui voyait tout ce qui se passait. Ratenstein arriva, après une lutte
sans merci, à faire fuir le prédateur. Pour cela, il avait du l'assommer à
l'aide du Gourdinchat. L'animal
parti, tout le monde sortit de sa cachette. Tout le monde, sauf Rabougri.
Ratenstein alla le vc `r,ainsi
qu'un autre rat du nom de Migri Toutptit. «
M. Ratenstein... e vous en supplie... trouvez quelque chose qui me permette de
venger mon père et ma soeur
1 articula Rabougri en séchant ses larmes.
Tu pleures ton père mais de toute façon, il était déjà malade... Sa vie se
résumait encore à seulement quelques
semaines ! rétorqua Migri Touptit. » En
effet, Wilburi était atteint d'une anomalie à la rate. La greffe était
impossible et le médecin avait prévu encore
six semaines de vie à Wilburi.
• Allez, maintenant, sors d'ici
Rabougri... On se rassemble dans le salon, dit Ratenstein » Il
sortit du placard où s'était enfermé Rabougri. Dans le salon, les rats
parlaient entre eux et Ratenstein du
s'y prendre à plusieurs reprises pour se faire entendre.«
Taisez-vous et écoutez-moi, s'énerva Ratenstein. Il y a eu un mort parmi nous.
Nous devons donc faire
fuir l'humain le plus vite possible. Attendez-moi, j'ai une idée... » Il alla
chercher une grande caisse en bois. Il la vida de son contenu.
• Ce sont les petites voitures avec
lesquelles jouait l'humain quand il était petit. Je les ai munies de petits
moteurs
et elles sont assez grandes pour qu'on puisse monter à deux dedans.
A
quoi vont-elles servir ? questionna Minimi Toutejolie. La moquette du salon est décollée. On peut largement passer en voiture dessous.
Le plan est très simple
: on passe en voiture sous la moquette pendant que l'humain est dans son salon.
On fait tomber tous
les meubles, pour lui faire une petite frayeur... Ensuite, il se dirige vers le
téléphone pour avertir quelqu'un
et à ce moment là, plusieurs d'entre nous produisent des bruits bizarres et
d'autres font des jeux d'ombres
avec ceci. » Ce
qu'il montrait, c'était un long drap déchiré.
• Et si ça ne se passe pas comme ça ?
questionna Rabougri - Ça se passera comme ça, assura Ratenstein. »
James
ouvrit la porte d'entrée, alla dans la cuisine et prépara son café. {l prit sa
tasse et se rendit dans le salon. A ce moment là, plusieurs protubérances dans
la moquette se déplacèrent. Une première renversa un
guéridon, une seconde fit tomber une chaise, une autre une table d'appoint...
Au bout de seuleme-it quelques secondes, la pièce était sens dessus dessous.
James essayait de détruire les protubé rances avec une chaise mais en vain...Voyant
que les protubérances continuaient à s'agiter et à faire de plus en plus de
carnage, James décida
d'appeler
du renfort. Mais à peine fut-il devant le téléphone qu'il vit, reflétée dans
un mur blanc, l'ombre d'une
créature habillée de haillons. Celle-ci produisait un râle qui n'était pas très
rassurant. James sortit de l'appartement et prit ses jambes à son cou. Il
n'avait sûrement jamais détalé aussi vite de sa vie.«
Hourra, Hourra ! hurlait les rats tous ensemble » Ils
avaient enfin réussi à faire partir l'humain de l'appartement. Rabougri,
lui, alla féliciter Minimi pour avoir réussi à imiter la respiration d'un
monstre. Il n'avait jamais remarqué qu'elle était si jolie...Durant
la petite conversation qu'il entretint avec la jolie ratte, il ne put empêcher
ses petites oreilles roses de rougir, ses poils noirs de se hérisser, ses
petits yeux noisettes de s'extasier devant une telle beauté... Mais
qu'a bien pu devenir M. Waterproof ?
fut tellement traumatisé par les évènements qu'il avait été préférable de le
placer en asile psychiatrique. Et
si mes souvenirs sont bons, je crois qu'il y est encore à('heure qu'il est.
Le
directeur de la pizzeria, on pouvait l'entendre, de temps en temps, hurler
après ses employés car il croyait que c'était eux qui vidaient ses réserves de
pâtes, de tomates... Il ne pouvait pas s'imaginer que des petites créatures
très malignes pouvaient le dévaliser ! Quant
à Ratenstein, il était le plus heureux des rats :©n l'avait autorisé à garder
le chat de M. WaterproQf ! ~i vQus aviez vu ça, Ratenstein qui apprenait au
chat à réciter ses tables de ratications... Même Rostof, qui était d'un naturel
un peu grincheux avait changé suite au départ de James : il était dorénavant
courant de le voir, une petite lyre à!a main, chanter une chanson de sa
composition « Quand l'humain
Ce
p'tit malin
•
Est Parti
Tikitikiti
Les
rats, les rets
Dansent
la polka »
Et
Rabougri, notre petit rat noir, était parti avec Minimi au crépuscule d'une
journée de grand froid. Depuis ce jour-là, on ne les avait plus jamais revus !